Le chrétien face au racisme ordinaire.

La France et l’Italie ont récemment été le théâtre de propos racistes. Les auteurs ne sont pas des voyous des banlieues mais des hommes politiques. Les victimes ne sont pas des rebuts de la société mais des élites au parcours impressionnant. Cécile KYENGE, une immigrée congolaise, est la ministre de l’Intégration dans le gouvernement italien tandis que Christiane TAUBIRA, née en Guyane, est la ministre française de la Justice.  L’une et l’autre ont été sauvagement traitées de singe dans un contexte absolument inexcusable. Leur tort ? La couleur de leur peau. 

 

Ces cas ne sont pas isolés. Ils sont emblématiques d’une société malade. Alors que le racisme avait fait profil bas dans le monde civilisé après la Shoah, le colonialisme et l’Apartheid,  le revoilà qui s’exprime au grand jour. Sous couvert de démocratie, des partis politiques en mal d’inspiration s’en nourrissent comme la Ligue du Nord en Italie et l’extrême droite en France. Le mouvement fait des émules en Grèce, en Allemagne, en Hollande et même chez nous en Belgique.

 

Le racisme ordinaire, dira-t-on. Tellement ordinaire que le public ne s’en scandalise plus et que l’administration, après la première surprise, laisse faire au nom de la liberté d’expression. Non, le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit (SOS Racisme). Et « quiconque hait son frère est un meurtrier » (1 Jn3,15). L’histoire nous apprend que ce sentiment « naturel » de rejet de l’étranger conduit à des monstruosités. De l’insulte grossière, on glisse vers la violence physique, la persécution, jusqu’à l’étape ultime, les fours crématoires.  Les boucs-émissaires sont ici des footballeurs noirs, là des musulmans arabes et à Toulouse des jeunes écoliers juifs.

 

Et les chrétiens dans tout cela ? Le christianisme nous engage-t-il à combattre le racisme ? Pas si évident que ça. Des racistes notoires ont justifié leurs slogans par la religion. Ce que je sais, par contre, c’est que Jésus n’aurait pas toléré. Il a été sans équivoque : « Vous n’avez qu’un seul Père (Mt 23, 9) J’étais un étranger et vous m’avez accueilli…(Mt 25, 35) ». Et sa naissance dans une « étable » est une grande leçon d’humanisme. Il est de ceux que l’on exclut et que l’on persécute.

 

                                               Daniel NAHIMANA

 

 

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Daniel NAHIMANA, Curé-Doyen
Daniel NAHIMANA, Curé-Doyen

Chris BUTAYE, Curé de Durbuy.