Bientôt l'euthanasie pratiquée pour les mineurs ?

Le Sénat belge se penche actuellement sur la question : dépénaliser l’euthanasie pour les mineurs. En Belgique, depuis dix ans (2002), l’euthanasie est contrôlée par la loi. On voudrait maintenant l’étendre aux mineurs. Ce débat, qui a agité le Parlement quatre mois durant, ne semble pas émouvoir l’opinion belge. Pourquoi ce manque d’intérêt ?


L’idée même d’euthanasie (mort douce)  était, jusqu’il y a peu, une aberration médicale. Tout médecin s’engageait à ne jamais provoquer délibérément la mort. Aujourd’hui les mentalités ont beaucoup changé. D’une part, on veut que le médecin soulage la souffrance et qu’il repousse le plus loin possible l’échéance fatidique du décès.  D’autre part, on  dénonce un excès des soins considéré comme un acharnement thérapeutique. Le médecin n’a pas le droit de prolonger abusivement l’agonie du patient.

 

C’est dans ce contexte que la dépénalisation de l’euthanasie pour les adultes, assortie de quelques réserves, a été favorablement accueillie par la société belge. On se rend compte aujourd’hui qu’elle est pratiquée chez les mineurs en violation du cadre légal. D’où la nouvelle proposition de loi.

 

Le concept de « mort douce » ou de « suicide assisté » prend de plus en plus place dans notre culture moderne. Mais est-il réaliste ?  La mort aurait-elle cessé d’être la négation de la vie pour devenir un choix raisonnable ? L’« agonie », cet ultime combat des forces de vie contre les forces de destruction, serait-elle désormais dénuée de sens ?

 

Le projet de loi qui dépénaliserait l’euthanasie des mineurs ne devrait laisser personne indifférent. Nous sommes tous concernés. Surtout qu’il en va de la vie des mineurs.

 

 

Daniel NAHIMANA, Curé-Doyen.

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Daniel NAHIMANA, Curé-Doyen
Daniel NAHIMANA, Curé-Doyen

Chris BUTAYE, Curé de Durbuy.